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Jusqu’à 5 raticides différents retrouvés dans 3 cadavres de milans

Cadavre Milan Royal - Romain Riols
13/06/2018

Aujourd’hui, le Milan royal, oiseau protégé en France et en Europe, ne semble pas sorti d’affaire puisque ce sont à nouveau 3 cadavres d’oiseaux empoisonnés qui ont été trouvés cet hiver en Auvergne. Le Milan royal, espèce emblématique de notre région bénéficie depuis les années 2000 de toute l’attention de la LPO Auvergne.

C’est suite à de grandes baisses de populations dans les années 90, très largement dues aux changements des pratiques agricoles, que des actions de protection sont initiées. L’Auvergne tient un rôle important dans le maintien des populations puisqu’elle accueille 30% de la population nicheuse en France. Rappelons que l’Allemagne, la France et l’Espagne accueillent environ 70% du total des couples nicheurs de l’espèce. En 2011, 14 cadavres de milans contenant de la bromadiolone sont retrouvés. La LPO Auvergne tire alors la sonnette d’alarme, demande l’arrêt de l’utilisation de la bromadiolone, puis son utilisation raisonnée et propose des méthodes alternatives pour limiter les pullulations de campagnols terrestres des exploitations agricoles.

Cet hiver, 3 cadavres de milans ont été retrouvés et analysés. Ce sont jusqu’à 5 raticides différents qui ont été détectés dans chacun d’entre eux, dont des traces de Carbofluran, produit interdit depuis 2008. En plus de 5 raticides, ce sont trois plombs qui ont été retrouvés dans
l’un de ces 3 individus.

L’ingestion de ces pesticides par les milans peut s’expliquer de deux manières. Soit ces pesticides ont été utilisés pour éliminer les rats et les souris, le Milan royal comme d’autres prédateurs peuvent le faire (chat, chien, chouette, fouine...) s’est nourrit de ces rongeurs et cela lui a été fatal. Soit, comme semble le démontrer la présence de plomb dans l’un des individus, l’utilisation de ces poisons a été détourner pour viser les prédateurs tel que le Milan royal. La LPO Auvergne déplore que ce type de pratiques que l’on croit désuètes soit encore d’actualité, et s’inquiète pour la pérennité de ce rapace dans notre région si rien n’est fait.

Nous invitons les personnes qui feraient des découvertes de cadavres de rapaces à nous les faire parvenir afin que nous puissions procéder à des analyses pour une meilleure connaissance de ces pratiques.