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Une nouvelle espèce nicheuse en Auvergne : l’Elanion blanc

16/11/2021

 

Une nouvelle espèce nicheuse en Auvergne :  l’Elanion blanc (Elanus caeruleus)

 

L’Elanion blanc est une espèce qui est dans une dynamique d’expansion en France. Originaire d’Afrique du nord et d’Espagne, l’espèce s’est installée pour la première fois en 1983 puis a établi une petite population dans les années 1990 dans le bassin de l’Adour en Aquitaine. L’Elanion étend au début des années 2000 son aire de répartition au-delà de l’Aquitaine. Au début des années 2010, l’espèce se lance à la conquête de l’ensemble du territoire national.

Elanion Blanc © Romain Riols

L’Elanion fréquente les paysages ouverts de cultures, de prairies parsemées de haies, bosquets et arbres isolés. Il consomme principalement des micromammifères.

L’espèce a un comportement assez erratique et peut se déplacer sur de longues distances. Les comportements reproducteurs peuvent commencer dès le mois de février et se poursuivre jusqu’en octobre. Le nid est construit sur la branche d’un arbre dont la hauteur peut être très variable. De 3 à 5 œufs sont pondus, couvés principalement par la femelle. C’est le mâle qui ravitaille la femelle qui nourrit les jeunes. Plusieurs pontes peuvent être entreprises successivement. 

Des observations de l’espèce en période de reproduction sont constatées en Auvergne depuis 2017 mais concerne des oiseaux isolés. En 2020, le nombre d’observations avait déjà augmenté avec 18 données, mais l’Auvergne reste alors une des rares régions françaises où l’espèce n’a encore jamais niché. 

Cette dynamique s’est cette saison fortement ressentie en Auvergne. Entre le mois de janvier et mi-novembre 2021, 384 données concernant cette espèce ont été enregistrées sur le site Faune Auvergne.

De mars à octobre, 14 cas de reproduction certaine sont constatés en Auvergne !

Département de l’Allier :

7 cas de reproduction ont été enregistrés. 2 nichées avec un minimum de 1 jeune volant, 2 nichées avec 2 jeunes volants et 3 nichées avec 4 jeunes volants.

Département du Puy de Dôme :

3 cas de reproduction sont enregistrés. Une reproduction en mars échoue. 1 nichée avec 3 jeunes et une nichée avec 4 jeunes volants.

Département de la Haute-Loire :

2 cas de reproduction. Une reproduction en échec. 1 nichée avec 5 jeunes à l’envol.

Département du Cantal :

2 cas de reproduction. 2 échecs constatés, dont un échec avec des jeunes pratiquement volants.

A cela s’ajoute le cantonnement de quelques autres couples et d’oiseaux isolés, dont certains ont entrepris de construire un nid, ce qui semble une particularité de cette espèce même si un individu est seul.

La forte présence de campagnols cette saison a sans aucun doute favorisé l’installation de l’espèce en Auvergne. Une première analyse de pelotes de rejection atteste que sur 116 proies consommées, 109 étaient des campagnols des champs et 7 des campagnols souterrains.

En novembre 2021, des dortoirs sont observés dans le département du Puy-de-Dôme et de l’Allier regroupant des adultes et des jeunes de l’année (max de 7 et 11 individus).

nichée de 5 jeunes volants © Cyril Engelvin

La prochaine saison nous permettra de suivre si l’installation de cette nouvelle espèce se confirme, cet oiseau étant plus habitué au climat doux que continental comme c’est le cas en Auvergne.