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Mieux connaître et protéger les rapaces nocturnes

 

Vivant la nuit, mystérieux et méconnus, les rapaces nocturnes ont longtemps eu une mauvaise réputation. Objet de superstitions, ils ont suscité l’intérêt mais aussi la crainte en raison de leur activité nocturne et de leur voix. Certaines chouettes, comme l’effraie des clochers, étaient considérées comme des présages de malheur ou de mort et ont été persécutées. Dans l’Antiquité, en revanche, les Grecs respectaient la chouette chevêche, symbole de la sagesse et attribut de la déesse Athéna. Chez certaines nations amérindiennes, les chouettes et hiboux étaient considérés comme des messagers circulant entre le monde des morts et celui des vivants.

Avec pas moins de 9 espèces présentes sur le territoire, la France compte une grande diversité de rapaces nocturnes : Chevêche d’athéna, Chevêchette d'Europe, Effraie des clochers, Chouette hulotte, Chouette de Tengmalm, Hibou des marais, Petit-duc scops, Hibou moyen-duc et Grand-duc d’europe. Aujourd’hui, et depuis 1972, toutes les espèces sont intégralement protégées. Si certaines d’entre elles, comme le Grand-Duc, ont vu leurs effectifs se reconstituer progressivement, d’autres, comme l’Effraie des clochers ou la Chevêche, sont aujourd’hui menacées par la destruction de leurs habitats et de leur gîte, ou encore par la circulation routière.

Chouette ou hibou ?

Le hibou possède des petites touffes de plumes sur la tête qu’on appelle aigrettes. La chouette, elle, n’en possède pas.

Hibou moyen-duc © J.F. Carrias

Mieux connaître les rapaces nocturnes

Les rapaces nocturnes ont un mode de vie bien à eux. Ils vivent essentiellement la nuit. Ils possèdent en effet une excellente vision nocturne. Leur sensibilité à la lumière est 10 à 100 fois supérieure à la nôtre et bien que leurs yeux soient immobiles, leur champ visuel est très étendu car leur tête peut pivoter sur 270°.

Les chouettes et hiboux, prédateurs redoutables, sont de grands consommateurs de petits rongeurs et d’insectes dont ils régulent les populations. Grâce à leur ouïe très performante, ils repèrent et localisent précisément leurs proies. Les disques faciaux, équivalents des pavillons de nos oreilles, collectent les sons de fréquence élevée vers leurs conduits auditifs. Leur plumage, duveteux et velouté, ainsi que de fines dentelures soyeuses sur les côtés des plumes étouffant le bruit, rend leur vol particulièrement silencieux. Une fois leur proie attrapée, Ils l’avalent entière et rejettent sous forme de pelotes, poils, os, dents et carapaces (1 à 3 par 24 heures).

La période de reproduction a lieu entre février et mars. C’est au crépuscule et la nuit que se font les parades nuptiales. Les rapaces nocturnes nichent pour la plupart dans des cavités naturelles ou artificielles ainsi que directement au sol ou encore dans les nids d’autres espèces comme les corvidés.

Espèces menacées

De nombreux dangers pèsent sur les rapaces nocturnes, liés aux activités humaines :

  • destruction et fragmentation de leurs milieux de vie : l’abattage des arbres creux, la transformation des prairies en cultures, la suppression des haies et des arbres isolés, l’assèchement des marais, les privent de ressources alimentaires et de sites de nidification.

  • utilisation des produits phytosanitaires contre les insectes et les micro-mammifères : ils contaminent les proies des rapaces nocturnes qui, en les absorbant, meurent d’empoisonnement

  • le trafic routier est responsable chaque année de la mort de dizaines de milliers de rapaces nocturnes qui chassent à proximité des routes et autoroutes, en particulier le hibou moyen-duc, la chouette chevêche et la chouette effraie.

  • l’engrillagement des clochers ou de certains bâtiments les privent de site de reproduction

  • les poteaux creux ou conduits de cheminée présentant une ouverture à leur sommet sont des pièges mortels : ils tombent et se coincent dedans, ne pouvant s’en échapper

  • les électrocutions et les collisions avec les lignes électriques

  • le braconnage

  • la pollution lumineuse : éblouissement, modification ou empêchement des déplacements, perturbation de la chaîne alimentaire et des relations proie/prédateur, … En savoir plus sur la pollution lumineuse https://www.anpcen.fr/

Chouette de Tengmalm © Romain Riols

En détresse… ou pas

Les jeunes quittent le nid très tôt mais les parents restent dans les alentours et continuent à les nourrir. Un jeune au sol n’est donc pas forcément en détresse. Dans le cas de la chouette hulotte, par exemple, les jeunes quittent le nid alors qu'ils ne savent pas encore voler. Pendant 2 ou 3 semaines, les jeunes chouettes se trouvent au sol ou à mi-hauteur dans la végétation. Les parents, eux, occupent toujours le nid situé dans un rayon de 50 mètres, et continuent de nourrir leur petit tout en communiquant de loin.

Ainsi, à moins qu’il soit blessé, si vous trouvez un jeune rapace au sol, laissez-le sur place ou, en cas de danger avéré, mettez-le en sécurité en hauteur à l’abri des prédateurs terrestres et à l’écart du trafic routier en le manipulant le moins possible. Beaucoup trop de jeunes sont amenés au Centre de Sauvegarde alors qu’ils n’étaient pas blessés et se retrouvent ainsi séparés de leurs parents, ce qui complique grandement leur émancipation.

Fiche conseil disponible ici

Soyez « chouette », aidez-les !

Chacun peut venir en aide aux rapaces nocturnes. Des actions simples peuvent être mises en œuvre pour les aider à faire face aux multiples dangers qui les guettent :

  • installer un nichoir pour pallier le manque de site de reproduction ou laisser simplement quelques ouvertures dans votre maison, grenier, grange,… pour leur permettre d’y nicher

  • éviter le dérangement pendant la couvaison

  • restaurer ou planter des haies et vergers traditionnels et préservez les vieux arbres creux

  • planter des arbres ou des haies le long des routes obligent les rapaces à prendre de la hauteur et laisser la végétation recoloniser les bords de route et permettre le développement de buissons bas rend ces secteurs défavorables à la chasse

  • éviter l’utilisation de pesticides

  • rouler moins vite la nuit pour limiter les risques de collision

  • signaler les poteaux creux ou autres conduits de cheminées afin que des protections soient installés pour empêcher les oiseaux de s’y piéger

  • signaler les oiseaux morts accidentellement pour que des dispositifs de protection soient mis en place : noyade dans un abreuvoir, collision avec des lignes électriques ou des fils barbelés, …

  • limiter la pollution lumineuse

  • soutenir les associations qui protègent et agissent pour les rapaces nocturnes

Effraie des clochers © Franck Chastagnol

Conseils pour installer un nichoir pour chouette ou hibou

Vous voulez installer un nichoir chez vous ? Avant tout, il faut connaître les caractéristiques de chaque espèce pour les voir s’installer. La configuration du nichoir, le milieu, la hauteur de pose, l’orientation, sont des éléments spécifiques à chacune. Il faut également s’assurer que le territoire n’est pas déjà occupé et que le milieu offre des ressources alimentaires suffisante et une certaine tranquillité. Enfin, le choix du site de pose est important : assurez-vous que le nichoir n’est pas trop près d’un cours d’eau ou d’une route et hors de portée des prédateurs.

Vous trouverez de nombreux modèles sur la Boutique LPO mais vous pouvez également les fabriquer vous-même. Pour cela, nous vous conseillons de choisir un bois résistant à l'humidité comme le mélèze, le pin, le cèdre rouge ou encore le chêne. N'utilisez pas les contre-plaqués classiques et les agglomérés qui gonflent à l'humidité, ainsi que le métal ou le plastique qui favorisent la condensation. L'épaisseur idéale des planches est de 2 cm. Ne rabotez pas les planches, cela permet aux oiseaux de s'aggriper aux parois du nichoirs. L'intérieur du nichoir doit impérativement rester brut. Quant à l'extérieur du nichoir, vous pouvez procéder par imprégnation à la cire d'abeille ou appliquer les lasures utilisées en apiculture ou de l'huile de lin, inoffensifs pour l'environnement et pour la faune. Mais sachez que certains bois, comme le mélèze ou le cèdre rouge, sont imputrescibles et n'ont pas besoin d'être protégés. Quoi qu'il en soit, évitez impérativement de vernir, peindre ou traiter l'extérieur du nichoir avec des produits chimiques qui peuvent être répulsifs voire toxiques pour les oiseaux.

Enfin, pensez à bien nettoyer les nichoirs chaque année pour éviter la prolifération des parasites qui pourraient provoquer des maladies. La meilleure période est le tout début de l'hiver. Préférez des produits simples (eau, vinaigre) et respectueux de l’environnement.

IMPORTANT - Ne jamais visiter le nichoir en période de nidification

En savoir plus + quelques plans de constructions : Nichoir pour les rapaces nocturnes et le dossier spécial du Refuges LPO Info n°36 page 6 à 9

Le saviez-vous ?
  • Une chouette peut consommer au cours de sa vie 60 000 proies. C’est un auxiliaire très précieux de l’agriculteur.

  • Les aigrettes des hiboux adultes ne jouent aucun rôle dans l’audition, même si elles ressemblent à des oreilles. Elles décrivent plutôt des humeurs de l’oiseau.

  • Chez l’Effraie des clochers, la mort d’un des deux membres du couple en période de reproduction entraîne l’abandon de la couvée et la perte de tout ou partie de la nichée.

  • La chouette hulotte est également appelée Chat-Huant en rapport avec les yeux du chat, son activité nocturne ainsi que ses cris.

  • En hiver, le jour, le Hibou moyen-duc aime se regrouper sur des arbres (des conifères bien souvent), en bandes parfois importantes (50 à 100 individus).

  • Afin de pallier au manque de connaissance et pouvoir mieux préserver les rapaces nocturnes, protéger leur habitat et limiter le déclin de certaines espèces, une enquêtes nationale coordonnée nationalement par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux, Laurent Lavarec), le GODS (Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres, Damien Chiron), et le CNRS de Chizé (Vincent Bretagnolle), a été lancée en 2015 afin de dresser un état des lieux sur la répartition et les effectifs des neuf espèces de rapaces nocturnes présentes sur le territoire français, sur une durée de 3 ans. Retrouvez ici le bilan à l’échelle de l’Auvergne ici

La Nuit de la Chouette - 2021

Depuis maintenant plus de 25 ans, la LPO organise tous les deux ans un évènement exceptionnel pour mieux connaître les chouettes et hiboux ainsi que leurs compagnons de la vie nocturne. Le succès de cet événement d’éducation à l’environnement est assuré grâce aux nombreuses structures relais qui proposent une multitude de sorties nature, conférences, projections, atelier de construction de nichoirs, autant d’activités gratuites et ouvertes à tous ! Cette année, ce sera la 14e édition de la Nuit de la Chouette. Malheureusement, du fait de la situation sanitaire, la LPO en Auvergne ne proposera pas d'animation sur le terrain. Toutefois, nous vous proposons deux rendez-vous numériques pour découvrir le monde mystérieux des chouettes et hiboux :

Avec pas moins de 9 espèces présentes sur le territoire, la France compte une grande diversité de rapaces nocturnes. Leur activité crépusculaire et nocturne, couplée à la singularité de leurs chants, en ont longtemps fait des oiseaux méconnus et craints, allant jusqu’à être cloués sur les portes des granges pour chasser le démon.
Aujourd’hui, et depuis 1972, toutes les espèces sont fort heureusement intégralement protégées. Si certaines d’entre elles, comme le Grand-Duc, ont vu leurs effectifs se reconstituer progressivement, d’autres, comme l’Effraie des clochers ou la Chevêche, sont aujourd’hui menacées par la destruction de leurs habitats et de leur gîte, ou encore par la circulation routière.
Cette 14e édition de la Nuit de la chouette est l’occasion de découvrir la biologie et la dynamique de population de ces oiseaux passionnants et mystérieux mais aussi d’apprendre comment leur venir en aide.

  • le 17 mars de 18h30 à 19h30, pour une soirée de contes avec la LPO AuRA  https://cutt.ly/Olv6MbH sans inscription, cliquez sur le lien dès 18h15 le 17 mars pour rejoindre la soirée, Il n’est pas nécessaire de télécharger l’application Team’s, vous pouvez utiliser votre navigateur internet (Mozilla, Explorer, Google Chrome...).

Conte-moi les chouettes et les hiboux : Les rapaces nocturnes sont bien mystérieux... Mais Paul et Boris, de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes, ont réussi à percer quelques-uns de leurs secrets et vous invitent à les découvrir avec eux, au travers d’une soirée de contes, organisée en visio mercredi 17 mars de 18h30 à 19h30.

Impossible en ce moment de sortir la nuit tombée pour écouter et tenter d’observer les chouettes et hiboux, alors profitons ensemble de ce moment ludique pour en apprendre davantage sur ces rapaces nocturnes aux multiples atouts. Après les contes, nous aurons plaisir à écouter vos questions et à y répondre !

 

Pour connaître toutes les activités organisées dans le cadre de la 14e nuit de la chouette, cliquez ici  https://cutt.ly/YlbqYdC

 

A télécharger : 

Livret Rapaces nocturnes

Nichoir pour les rapaces nocturnes

le dossier spécial du Refuges LPO Info n°36 page 6 à 9

Les pelotes de réjection

Cahier technique Chouette chevêche

Cahier technique Chouette effraie

Connaître et protéger la chouette hulotte

Fiche conseil Ramassage des jeunes

Enquêtes Rapaces nocturnes - Bilan 2015-2017 à l'échelle de l'Auvergne

Sites à consulter :

Autres ressources : http://rapaces.lpo.fr/ / nuitdelachouette.lpo.fr / refuges.lpo.fr